La salicorne, le haricot de la mer : le trésor méconnu des marais charentais


Coucou,

Avant de venir à Marennes-Oléron, la salicorne faisait partie de ces produits dont j'avais déjà entendu parler sans jamais vraiment savoir à quoi cela ressemblait, ni surtout comment ça se cuisinait.

Et puis ici, difficile de passer à côté. Entre les marais, les marchés et les producteurs locaux, cette drôle de petite plante verte s'est rapidement retrouvée sur mon chemin. Alors forcément, il fallait que je goûte !

On la surnomme parfois « le haricot de la mer », notamment à cause de sa forme qui rappelle celle d'un petit haricot vert. Sauf qu'elle n'a pas poussé dans un potager : elle aime les terrains salés et se développe notamment dans les marais et les zones côtières.

Une plante qui pousse dans le sel et qui arrive dans notre assiette avec naturellement… un petit goût de mer. Il fallait bien que je teste !
Une plante qui aime avoir les pieds dans le sel
La salicorne est une plante halophile, c'est-à-dire qu'elle est capable de vivre dans des milieux particulièrement salés.

Elle pousse notamment dans les zones humides littorales et les marais salants. Elle fait donc complètement partie de ces paysages que nous découvrons depuis notre arrivée à Marennes-Oléron.

Et finalement, quand on connaît son environnement, son goût paraît presque évident.
En bouche, la salicorne est croquante, légèrement iodée et naturellement salée. Elle possède suffisamment de caractère pour donner du peps à une assiette sans avoir besoin de beaucoup d'artifices.

Et surtout, inutile de sortir la salière : elle est déjà très bien équipée de ce côté-là ! 

Évidemment, je ne pouvais pas simplement la goûter et la laisser repartir tranquillement dans les marais.

J'ai choisi de la cuisiner avec un autre produit découvert pendant nos vacances : le maigre, acheté au marché de Marennes.

Le mariage m'a semblé assez évident. D'un côté, un poisson à la chair fine et délicate. De l'autre, une petite plante croquante et iodée.
Pour cette première découverte, je suis restée très simple : un peu de beurre, de la salicorne et le maigre. Pas besoin d'en faire des tonnes quand les produits sont bons.

Et puis, cuisiner en vacances avec les ustensiles d'une location, ce n'est déjà pas toujours une mince affaire ! À la maison, je cuisine sur induction et je connais parfaitement mes poêles. Ici, c'est le gaz, avec des casseroles et des ustensiles qui ne sont pas les miens. Il faut apprendre rapidement comment prendre les choses en main.

Mais finalement, cette cuisine un peu improvisée fait aussi partie de l'aventure.
Un goût de mer sans avoir besoin d'en rajouter
La première chose qui m'a surprise, c'est justement cette saveur très particulière.

La salicorne apporte naturellement du sel et une petite note iodée. Elle donne donc beaucoup de personnalité à un plat, sans qu'il soit nécessaire de multiplier les épices ou les sauces.
C'est aussi ce qui explique pourquoi elle accompagne si bien les poissons et les fruits de mer.

Avec le maigre, j'ai vraiment aimé le contraste entre la chair délicate du poisson et le côté plus franc de la salicorne.

Une association toute simple, mais avec du goût, exactement comme j'aime cuisiner.
Le « haricot de la mer »
J'aime bien ce surnom de « haricot de la mer ».
Visuellement, certaines pousses peuvent effectivement rappeler de petits haricots verts. Mais côté saveur, on est clairement ailleurs !
Elle peut être cuisinée comme un légume, simplement poêlée, mais aussi servie en salade, avec des poissons ou des fruits de mer. On peut également la conserver dans du vinaigre, un peu comme un condiment.

Et surtout, elle se cuisine rapidement. Pas besoin de passer des heures derrière les fourneaux.
Ça tombe plutôt bien pour des vacances où notre programme ressemble davantage à « qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? » qu'à un planning militaire !

Depuis notre arrivée, je trouve intéressant de voir à quel point les produits locaux sont liés au paysage.

Les huîtres sont élevées dans les claires, le sel est récolté dans les marais et la salicorne pousse dans ces environnements salés.
Tout est connecté.

Et c'est finalement ce que j'aime dans cette découverte gourmande de la Charente-Maritime : on ne se contente pas de goûter un produit. On commence à comprendre pourquoi il est là et pourquoi il a ce goût.

Le paysage finit presque par devenir un ingrédient à part entière.
Le test est réussi.

La salicorne était une inconnue pour moi et elle a parfaitement trouvé sa place dans notre assiette de vacances.
C'est souvent comme ça que je sais qu'une découverte me plaît : lorsque je commence déjà à réfléchir à ce que je pourrais en faire une fois rentrée à la maison.

Je l'imagine très bien avec des gambas, des crevettes, dans une salade estivale ou simplement poêlée avec une noix de beurre.
Et puis, après avoir passé quelques jours à découvrir les produits de la région, je trouve ça plutôt sympa de pouvoir en ramener quelques-uns dans nos valises pour prolonger un peu les vacances.

Le saviez-vous ?
La salicorne est une plante halophile, ce qui signifie qu'elle s'est adaptée aux milieux riches en sel.
Elle est particulièrement appréciée lorsqu'elle est jeune, car ses tiges sont alors tendres et croquantes.
Sa teneur naturelle en sel explique pourquoi il est généralement inutile d'en ajouter lors de sa préparation. Un petit rinçage avant cuisson permet simplement de retirer l'excédent de sel et les éventuelles petites impuretés.
Elle peut être consommée cuite ou crue lorsqu'elle est suffisamment tendre, mais aussi préparée au vinaigre.

Je crois que c'est exactement pour ça que j'aime cuisiner et voyager en même temps.
On part avec nos habitudes, nos recettes et les produits que l'on connaît. Et puis, en changeant de région, on découvre de nouveaux ingrédients, on discute avec les producteurs, on goûte, on teste… et parfois, on trouve une nouvelle façon de se faire plaisir.

Bonne dégustation 

La Gourmande Anonyme 

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